Jour 9, Pondicherry

Nous arrivons à Pondicherry au petit matin. Une chose que nous n'avions absolument pas prévue pour ces derniers jours incluant de la plage : il pleut. La chauve-souris est de retour sur nous, elle ne nous lâche pas. Nous trouvons un logement dans une maison familiale, la Villa Créole, rue Labourdonnais. Le quartier français de Pondy (« la Ville Blanche ») se trouve à l'est du canal, qui divise la ville en deux partie. A l'est les Français, où ce qu'il en reste, à l'ouest, les Indiens.

Mme Corneille est indienne mais parle un français presque parfait. Elle a la cinquantaine et on pense lui faire plaisir en lui annonçant qu'elle est répertoriée dans le Guide du Routard. Grosse erreur, elle les descend en flèche car un imposteur s'est soi-disant fait passer pour le propriétaire des lieux et a monté un escroquerie, on ne comprend pas tout. Et effectivement, la Villa Créole dans le Routard est décrite comme appartenant à un dénommé Sylvain. Mme Corneille nous précise que contrairement à ce que dit le Routard, les meubles de ses chambres ne sont pas « de pacotille » mais de vrais meubles style colonial (et c'est vrai). Bref, on s'entend sur un prix, moyen (800R/chambre) puis nous attendons que nos chambres se libèrent à 9h30 pour poser nos affaires.
Nous faisons la connaissance d'un couple de Belges, sur le départ. En voyage pour 15 mois, ils ont tout laissé en Belgique pour faire un quasi tour du monde. Nous les admirons. Ils sont sympas. On échange quelques tuyaux, des adresses pour la suite (ils connaissent notre prochaine destination, Mamallapuram) puis ils partent et nous les remplaçons.

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CHIDAMBARAM !

 

Une fois installés, nous partons pour la petite ville de Chidambaram, où il y a, paraît-il, un temple de toute beauté. Le nom même de la ville nous fait beaucoup rire, Stéphane et moi. Cela deviendra une interjection de dépit.
« Chidambaram ! On n'a pas de chance ! »
Nous prenons un car en piteux état. Il pleut. On a le moral dans les chaussettes. Enfin, pas Karine car elle s'inquiète déjà de devoir marcher dans les mares (il n'y a pas de flaques d'eau en Inde, ce sont des mares) nu-pieds. Il pleut dans le car, côté fenêtre. Je me décale, la fenêtre ne se ferme pas. Il y a juste un jour de quelques centimètres...
Arrivée à Chidambaram 1h30 plus tard. Il pleut. C'est sale et sinistre, triste et pauvre. Les rues sont inondées d'étangs d'eau boueuse qui éclabousse tout et tout le monde dès qu'une voiture passe sans ralentir. Nos épaules sont lourdes, nous transportons la Chauve-souris... on n'ose même pas quitter la gare routière, on veut attendre un peu que la pluie s'arrête. Mais elle ne fait que s'atténuer.

 

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Il est midi passé, on décide avant d'aller au temple de manger. Le Lonely nous indique un resto « class » non loin de la gare routière, justement. On s'y engouffre.
Petite salle climatisée où il gèle, on la fait arrêter en arrivant. Une dizaine de tables sont prises par des clients de l'hôtel attenant. Carte végétarienne comme partout dans le Tamil Nadu. A côté de nous mange un vieux couple dont l'homme complètement édenté déguste son thali (plateau-repas avec un repas complet sur feuille de bananier : riz, naan, sauces diverses) en réduisant en bouillie son riz à l'aide de sa main droite, comme tout bon Indien. En Inde, on mange les plats traditionnels avec les doigts. La main droite sert à manger, la gauche au reste moins hygiénique. Et le papi s'applique à « mâcher » son riz avec ses doigts, tellement bien que c'en est vraiment écoeurant. Karine tourne la tête.
Le serveur nous dépose une bouteille d'eau minérale fraîche, encore scellée. On ne l'utilise pas, on a la nôtre. Nous mangeons correctement et au départ, il nous facture la bouteille. On lui montre qu'on ne l'a pas utilisée, il la reprend mais fait mine de ne pas comprendre et nous rend la monnaie comme si nous la payions ! On hallucine et ça tousse un peu, il repart et nous rend le reste. Incroyable. Ils osent tout !
Nous allons au temple, non loin de là. La chauve-souris nous mord plus profondément : il est fermé. Rien de plus, aucune pancarte, même en tamoul. Après coup, quelques jours plus tard, on découvrira que le temple, malgré le peu qu'on en a vu, était vraiment majestueux, très étendu à l'arrière. Tant pis. Nous repartons aussi vite que possible, il pleut toujours. On pense déjà aux prochains jours, normalement à la plage. Que va-t-on faire s'il pleut comme ça ?

 

PONDICHERRY

Nous arrivons à Pondy à 18h. Les rickshaws se battent pour nous et nous obtenons donc le meilleur tarif possible sans problème. Un vrai bonheur de les endormir un peu, ça change.
Nous partons en quête d'un cybercafé pour que les Lous puissent chatter un peu en webcam avec Luna, chose impossible jusqu'alors car aucun cybercafé n'avait de webcam. Ici, il y en a, mais les versions des programmes ne correspondent pas et aucune communication n'est possible. Nous repartons donc à la recherche d'un petit remontant, sur les bons conseils de nos amis belges du matin : un wine shop (magasin de spiritueux) non loin de l'hôtel. Nous le trouvons sans problème et achetons une bouteille de vin indien, pour 350R (environ 5€). Certainement de la piquette mais bon, tant pis. Au moins, on pourra dire qu'on a goûté. Nous rentrons à la Villa Créole le mettre au frigo (il y a un coin cuisine commun aux chambres, fort pratique) pour après le restaurant.
Resto français, évidemment. Pour se consoler de cette chidambaram de journée, on vise haut, resto class. C'est le Club. Style paillotte bobo, avec des guirlandes lumineuses partout, des serveurs aux petits soins et une musique branchouille. Et une carte à vous faire fondre après une semaine et demi de cafards et de biryani épicés.
Résultats des courses : calamars grillés en entrée, brochette de boeuf et onglet-échalottes avec frites, bière, un vrai bonheur. Bon, on a plombé le budget bouffe de la journée, mais que diable !

 

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De retour à la Villa Créole, nous ouvrons notre bouteille de rouge et nous posons dans la salle commune (la terrasse est déjà prise par d'autres locataires). Par vengeance, puisqu'on n'a pas accès à la terrasse, Karine va dans le frigo et leur coupe un morceau de fromage qu'elle divise en 3 pour nous. Fromage et vin rouge. Et elle est où, la Chauve-souris, maintenant, hé ?

Puis les autres se couchent et nous investissons la terrasse. On termine la bouteille à deux, Karine n'aime pas. Même pas peur.

 

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