Cette année, ce sera la glace et le feu. Pour les habitués, et je sais qu'il y en a, voici le tout dernier de nos périples en terres inconnues : l'Islande. Comme pour la Birmanie, il n'aura suffit que d'un court instant, quelques conseils et des deux ou trois photos glannées sur le net pour nous décider. Point d'Asie et de plages dorées, cette fois, point de temples bouddhistes et de gambas grillées grosses comme l'avant-bras. Ce sera des volcans, de la morue, des glaciers et du soufre. 

Pour les non-initiés qui viendraient se perdre sur ce blog de voyage, ou les nouveaux, voici le deal : en voyage, j'écris les événements de chaque jour en live dans un journal que je publie ensuite avec une sélection de photos sur ce site. Entre la photographie et l'écriture, nul besoin d'analyse psy pour en conclure que j'ai une relation particulière au temps. Je ne supporte pas le temps qui passe. Pas dans le sens où je ne veux pas vieillir et je me pique au botox tous les 2 mois, mais plutôt dans le sens où j'éprouve un besoin irrépressible de conserver les traces du passé, de peur de les oublier. Ce qui explique aussi ma folie douce pour l'Urbex. Mais je m'égare.

Encore une fois, à la base, j'écris pour moi, donc "je m'égare" est une expression que vous retrouverez souvent dans ce journal. D'évidence bien trop long, il en deviendra parfois ennuyeux, je n'en doute pas, surtout pour qui ne nous a pas accompagnés ! Donc désolé par avance des divagations comme du style, parfois rude, suivant l'état de fatigue du moment.

Bon voyage pour ceux qui persisteront. Des photos de fous, des aventures, de l'humour et du sexe seront au rendez-vous.

Non, en fait j'invente. L'un des quatre sera passé sous silence. A vous de découvrir lequel... Allez, vous êtes prêts ? Attachez vos ceintures, nous partons.

 

IslandeIntro

 

Note importante : toutes les photos que vous verrez ont été prises par moi-même. Elles ont été éditées pour corriger la luminosité, le cadrage principalement. Les couleurs n'ont pas été transformées ni modifiées. Sur place, elles étaient juste incroyablement saturées et diversifiées, en particulier le vert des herbes, presque fluorescent. J'espère avoir transmis cette impression.

 

 

 

- La veille -

C'est parti! Et c'est du grandiose dès le départ, cette fois. Exit le chat noir qui nous plombe la machine à carte d'embarquement à l'aéroport, les écrans vidéo qui ne fonctionnent pas (cf le départ aux USA de l'été dernier), non, là, ça commence fort : à peine arrivé à la gare de Bordeaux pour retrouver mon Pentax afin de nous rendre à Paris pour le décollage du lendemain, les micros SNCF nous crachent que suite à deux incendies et un accident sur la voie entre Bordeaux et Paris, rien que ça, tous les trains en provenance ou à destination de la capitale sont arrêtés pour une durée indéterminée. 

Jour 1 - Arrivée

Mauvaise nuit trop courte, départ à l'heure pour l'aéroport, 40 min de trajet et nous voilà jetés au terminal 2. Nous sommes parmi les premiers à enregistrer nos bagages. Je perds 15€ en ayant voulu être honnête et acheter des kilos supplémentaires la veille pour mon sac en cabine. Pas de pesée. Ce à quoi je m'attendais mais au cas où... Le prix des kilos étaient relativement dissuasif si on les achetait au comptoir. Ça m'apprendra à vouloir être réglo. Tant pis, c'est déjà remboursé par la gratuité inattendue du voyage en TGV de hier. 

Jour 2 - Snæfellsness

Incroyable nuit ! Enfin, si de nuit je peux parler. Il n'a absolument pas fait nuit en fait. Jamais l'obscurité complète. Au plus sombre, on pouvait y voir comme chez nous en été vers 21h. Nous dormons avec des masques de voyage, cela ne gêne pas, mais j'ai l'impression d'avoir 10 ans de nouveau et de devoir me coucher tôt. C'est tout de même très particulier. 

Ce matin, réveil à 7.30, douche et petit dej dans la foulée. Au menu : divers pains, légumes, œufs durs, lait, thé, céréales et confitures. Ah oui, une nouveauté : des fromages à tartiner genre Philadelpia, mais arômatisés aux poivrons, champignons et je ne sais quoi d'autre. Peu de goût, en fait.

Jour 3 - Látrabjarg

Ce matin, levés à 6.45 pour être prêts à partir une heure après en direction de Stykkishólmur, sur la côte nord de la péninsule. Le ferry qui doit nous transporter dans les Fjords de l'Ouest part à 9h. Le ciel est bas. Plus bas, il nous tomberait sur la tête. De gros nuages noirs roulent et s'enroulent autour des montagnes, un vent du diable souffle et dessine des vagues dans les herbes. C'est à se demander comment les gens en sont venus à coloniser cette île du bout du monde. 

Jour 4 - Flateyri

Grasse matinée aujourd'hui. Nous n'avons pas "grand-chose" à faire en théorie : juste une cascade sur la route ce matin et kayak cet après-midi. Ce soir, nous serons logés à une trentaine de kilomètres. Donc, grasse mat'. Lever à 8.30.

Les jeunes Français sont beaucoup moins nombreux ce matin. Ils ont passé une bonne partie de la soirée à chanter en jouant de la guitare au rez-de-chaussée. Tant mieux, on se croyait en France, hier soir. Nous nous habillons et descendons pour le petit déjeuner. Je l'avais noté comme non inclus dans le prix de la chambre et pourtant en descendant pour utiliser la wifi, je remarque un beau buffet bien sympathique. Je me suis peut-être trompé après tout.

Jour 5 - Hólmavík

Il devient difficile de se lever. Nous dormons à l'envers dans nos lits car le radiateur est généralement placé sous la fenêtre, juste derrière les oreillers. Donc nous nous couchons face à la fenêtre. Et comme il ne fait jamais vraiment nuit... Encore une fois, heureusement qu'on a nos masques de voyage. Ça fait mémère mais c'est fort utile.

Jour 6 - Dalvík

La nuit fut douce, et plus longue, en partie grâce aux bouchons d'oreilles. Pas très glamour non plus avec le masque mais la fatigue se fait sentir de plus en plus et nous ne sommes même pas à la moitié du voyage ! Nous n'arrivons pas à nous coucher avant minuit (au plus tôt) où près de 2h (lorsque je raconte ma vie dans ce journal de voyage).

Jour 7 - Lac Myvatn

7.45. J'ouvre les yeux. Du moins j'essaye. Un maçon est venu cette nuit et m'a cimenté les paupières, le bougre, et je n'arrive pas à les desceller. Je n'ai bu qu'une bière hier soir et j'ai pourtant la sensation d'avoir avalé un tonneau de rhum entier. Vaseux, je me redresse et vois Pentax en train de trier ses photos pour faire de la place sur ses cartes mémoire déjà presque pleines.

Jour 8 - Krafla

Une nuit de bébé, que j'ai passée. J'ai réussi la prouesse de terminer mon compte rendu de la journée avant minuit, donc j'ai gagné une bonne heure de sommeil. Et comme en plus nous avions de vrais stores occultants cette fois, la nuit fut paisible. Après un petit dej bien rempli à la guesthouse, en mode cartes postales, nous partons aujourd'hui pour nous attaquer au nord-est du lac et sa zone volcanique à proprement parler. Nous n'allons pas être déçus. Aujourd'hui, c'est du lourd. Du très lourd.

Jour 9 - Jökulsárlón

Réveillés vers 7h, avant le réveil, nous déjeunons rapidement, nous préparons et quittons la guesthouse avec ses nains de jardin sur la terrasse vers 8.30. Nous n'allons pas loin : dans le chemin qui descend jusqu'à la route, il y a une maison abandonnée. C'est un voyage UrbEx en fait, et on ne le savait pas ! Nous l'avons vue hier soir en arrivant et au retour du resto nous sommes allés faire un repérage pour savoir si elle était accessible. Aucun problème : la porte est simplement fermée avec la poignée et crochetée à l'aide de deux fils de fer. 

Jour 10 - Skaftafell

Dernière ligne droite. Plus que 5 jours. Nous attaquons le cycle des randonnées de notre périple. On n'en a pas prévues de longues à cause de mon genou opéré (qui va mieux, merci) mais nous ne pouvions pas passer à côté des merveilles que la montagne islandaise n'offre qu'aux marcheurs.

Jour 11- Vestmannaeyjar

6.30. Je suis déjà réveillé... pour ne pas rater l'heure du réveil. On doit quitter l'île à 11h ce matin, on s'est mis d'accord pour se lever tôt. Seulement Môssieu Pentax ne daigne pas ouvrir une paupière parce qu'il était réveillé à 5.30 et vient juste de se rendormir. Il veut du 7h. Très bien. Voilà comment on perd a) une demi-heure de sommeil, b) du temps de visite sur une île incroyable. Je commence donc mon journal pour aujourd'hui, ça devrait me calmer...

Jour 12 - Landmannalaugar

Ça y est, c'est le grand jour. Nous nous levons vers 8h, douche rapide et petit dej expéditif et nous voilà prêts pour affronter le Landmannalaugar. On prépare nos sacs pour la journée, les pique-niques, on remplit le réservoir d'essence car on ne sait pas où sera la prochaine station et nous partons.

Jour 13 - Le Cercle d'Or

Ça sent la fin. Nous avons le temps aujourd'hui : les distances à parcourir sont moindres, comme le nombre de visites. Au programme : ce que les tours operators ont appelé Le Cercle d'Or, ou le Triangle d'Or, au choix. La zone des visites les plus touristiques, à savoir : Geysir, le père de tous les geysers, Gullfoss, la cascade d'or (rien que ça) et Þingvellir, haut-lieu de l'histoire islandaise.

Jour 14 - Reykjanes

Réveil en douceur ce matin, nous nous levons vers 8.30. On doit gérer la location d'une voiture pour notre retour à Paris et nos expéditions d'UrbEx du week-end. C'est réglé en quelques minutes. Nous n'avons plus de lait pour le petit déjeuner donc nous partons directement pour notre journée de visites sur la Péninsule de Reykjanes, à l'extrême sud-ouest de l'île. En France, nous serions dans le Pays basque. 

Epilogue

Comme dirait Jean-Louis : voilà, c'est fini... Encore un magnifique voyage, au pays des trolls et des fées, cachés dans une incroyable nature sauvage. L'Islande semble encore et toujours en formation, les éléments naturels travaillent de concert pour faire fonctionner l'usine à plein régime : geysers fumants, boues visqueuses, vents arctiques et fjords silencieux. Les glaciers avancent inexorablement sur des champs de lave déchiquetée alors que des pitons rocheux surgissent des eaux limpides.