Cet été 2016, nous y allons cool. D'abord parce que c'est bien, cool. Et puis aussi parce que nos finances ont fondu comme neige au soleil après ces deux dernières années aux Etats-Unis et en Islande, principalement. Les épopées étaient inoubliables mais les frais assez élevés, surtout en Islande où l'on peut louer un mini 4x4 pour un minimum de 750€/semaine (quand même!) alors que la voiture de location pour le Portugal ne nous coûtera que 400€ pour les deux semaines de route !

Nous avons donc décidé de (re)découvrir les charmes du tout-près, même si beaucoup m'entendent dire qu'un voyage sans au moins 12h de vol n'est pas un véritable voyage, et nous avons tièdement (pour ma part, au début) jeté notre dévolu sur ce petit pays ibérique si proche et si présent, en filigranes, dans nos vies quotidiennes : je ne compte plus le nombre d'élèves d'origine portugaise dans mes classes, à qui je vais pouvoir me vanter à la rentrée de savoir dire "merci" ou "bonjour"!

En avant pour le pays du fado, du porto et de la morue !

 

PortugalINTRO

 

 

Jour 0 - Départ

Départ.
Après avoir été cherché la voiture de location à l'aéroport de Mérignac, une Ford Fiesta nouvelle génération à l'allure sympathique, nous partons vers 10h30 ce mercredi matin. Le coffre et la banquette arrière sont blindés et pour cause : nous partons cette année, voiture oblige, avec plus de bagages, dont un canoé gonflable, ses pagais et ses gilets de sauvetage ainsi que des sacs étanches. Nous avons déjà testé le matériel en Espagne la semaine dernière et il nous tarde de pouvoir l'utiliser dans une semaine environ, en pleine mer cette fois, pour rejoindre un endroit magique dont je reparlerai à coup sûr... la voiture est donc chargée au maximum.

Jour 1 - Vallée du Douro

Après une courte nuit, nous voilà debout vers 8h pour débuter notre première journée de visite. Au programme : la vallée du Haut-Douro classée Patrimoine mondial par l'UNESCO et ses vignobles qui taillent et décorent les collines en terrasses aux lignes gracieuses suivant les courbures naturelles du terrain et qui donnent l'impression, vues des sommets, que l'ensemble a été dessiné en arabesques.

Jour 2 - Nord de Porto

La soirée fut fort morose à peine j'avais terminé la rédaction de mon compte-rendu journalier. Je me rends compte soudain qu'il me manque une batterie pour ma caméra GoPro et accessoirement... le chargeur. Je le cherche partout, dans la voiture, dans chaque sac... il faut bien me rendre à l'évidence : je les ai oubliés chez Olivier la veille du départ, alors que je rechargeais la dernière batterie. Me voilà maintenant sans chargeur, avec une seule batterie utilisable pour finir presque deux semaines de voyage. Autant dire que mon film en prend un sacré coup dans l'aile. C'est mort.

Jour 3 - Porto

Nuit horrible s'il en est : choix de la chambre à la dernière minute pour ne pas dire à l'arrache égale conditions pourries, notamment : pas de clim. Cette chambre est un four, il est tout simplement impossible de fermer l'oeil. Même Pentax se réveille en pleine nuit pour me demander si ça me dérange d'ouvrir les fenêtres. Nous finirons la nuit au doux bruit de la circulation et des dames qui attendent le bus, sans parler du jour qui se lève, tôt, très tôt au Portugal, décalage horaire oblige.

Jour 4 - Porto-Coimbra

Réveil difficile encore une fois en raison de la chaleur et de l'absence de clim dans la chambre. Nous nous préparons et quittons rapidement la guesthouse pour se faire un premier petit plaisir : le petit déjeuner en terrasse avec des pâtisseries locales, à savoir : les pasteis de nata.

L'air se réchauffe doucement en ce dimanche matin, il est 8h45 et les rues sont quasiment désertes, sauf quelques touristes déambulant avec leurs bagages et des sportifs en baskets. Nous nous asseyons à une terrasse après avoir chargé la voiture et descendu deux rues en suivant les rails du tram touristique de Porto : un modèle tout droit sorti des années 30, jaune et peint de grandes lettres marron. Typique.

Jour 5 - Coimbra-Tomar

Un petit déjeuner alléchant nous attend au réveil dans notre hôtel 3 étoiles (portugaises). Le jus d'orange est à se faire avec de vraies oranges dans deux presse-agrumes électriques qui tournent à plein régime. Je n'ai pas regardé comment s'en servir avant de m'approcher à la table des festivités donc je m'y prends comme un manche quand vient mon tour, je démonte tout l'appareil pour à la fois le nettoyer des amas de pulpe des oranges précédentes et réussir à verser mon jus dans mon verre lorsque l'employé, interloqué, arrive en trottinant en me montrant comment tout verser en un seul mouvement. Je précise que l'appareil ne ressemble pas vraiment à ceux que l'on connaît chez nous. (J'accepte volontiers de passer pour un empoté, par pour un abruti.)

Jour 6 - Fátima-Alcobaça

Un petit déjeuner dégueu, ça faisait longtemps ! C'est peut-être pour cela qu'involontairement, nous partons sans payer l'hôtel. La fille de la patronne nous court après dans la rue. La honte intégrale.
Nous embarquons un peu tardivement donc pour Fátima. Nous n'avons pas la fibre particulièrement religieuse, surtout moi, mais je suis curieux de voir à quoi peut resssembler cette petite bourgade après la bombe atomique que représenta l'apparition de la Vierge à trois petits bergers en 1917.

Jour 7 - Alcobaça-Lisbonne

Aujourd'hui, c'est le grand jour : nous partons pour Lisbonne. Notre plan original a été quelque peu chamboulé quand on a découvert qu'une grande fête médiévale se tenait à Óbidos à partir de vendredi soir : inratable, donc nous ferons Lisbonne de suite pendant deux jours et reviendrons un peu sur nos pas vendredi après-midi pour participer à cette mystérieuse soirée médiévale.

Jour 8 - Lisbonne

Un lever matinal aujourd'hui : 7h30. Nous avons pas mal de choses à faire avant d'entamer les visites, notamment trouver un parking pour laisser la voiture ailleurs que dans la rue où nous serions obligés de revenir toutes les 4h pour remettre un ticket.

Jour 9 - Óbidos

Dernière matinée à Lisbonne avant de partir pour Obidós. Nous devons aller chercher la voiture au parking souterrain où elle dort depuis la veille afin de la charger et revenir à Belém. Ça faisait longtemps que nous n'avions pas visité de monastère et celui qui s'y trouve est absolument incontournable d'après nos guides. Soit. 

Jour 10 - Benagil

Le réveil est difficile ce matin. Malgré le peu d'heures de sommeil, nous ouvrons les yeux vers 8h30. Après un petit déjeuner aux antipodes du banquet de la veille, gustativement parlant, nous quittons le village, le coeur lourd et des étincelles encore plein les yeux (c'est peut-être juste le soleil, ou les restes du mélange vin-sangria, soigneusement concocté par ma voisine hawaiienne).

Jour 11 - Benagil-Mértola

Réveil vers 7h30 dans notre tente "Black and Fresh" toute neuve. C'est vrai qu'elle est "black" à l'intérieur. La lumière du matin s'infiltre moins. Pour la fraîcheur, on n'aura pas eu le temps de la tester puisqu'une demi-heure plus tard, nous la replions déjà pour partir vers la plage de Benagil.

Jour 12 - Mértola-Évora

 Ça sent dangereusement la fin depuis quelques jours. Nous entamons depuis hier notre lente remontée vers la France, à travers le Portugal rural. Au fur et à mesure qu'on se rapproche de la frontière espagnole, les terres deviennent plus rouges, plus arides et broussailleuses. Adieu les belles étendues vertes et vallonnées qui nous avaient surpris à notre arrivée dans la vallée du Douro. Ici, c'est poussière et chaleur, partout, à tout moment.

Jour 13 - Évora-Marvão

 La visite d'Evora est une grosse déception, ce matin. Nous décidons d'aller voir l'église la plus réputée, vantée dans nos deux guides, la Saõ Francisco et sa Capela dos ossos, un ossuaire. L'église en elle-même est jolie, mais n'a absolument rien à voir avec ses grandes soeurs que nous avons visitées plus tôt pendant notre voyage. Nous sommes pour ainsi dire un peu blasés en fait.

Jour 14 - Marvão-Monsanto

 Et voilà, tout a une fin. C'est notre dernier jour et nous comptons bien l'employer. Le petit déjeuner nous est servi à l'heure prévue la veille, dans la salle à manger au rez-de-chaussée. La table est dressée pour 4. On se croirait dans une bombonnière. Tout est à sa place au millimètre, il ne manque rien. Du coup, on déjeune silencieusement, doucement, précautionneusement, à deux doigts de mettre des patins sur les mains pour ne rien abîmer ni ne faire un seul bruit.

Jour 15 - Retour

Je suis réveillé par le chant du coq ce matin. Je n'ai jamais été un grand fan des réveils "naturels": toute la volaille qui piaille et chante au lever du jour m'insupporte profondément. Ce coq ne déroge pas à la règle, surtout ce matin, jour de départ, alors qu'il n'est que 6h15 et que nous avons prévu de nous lever à 8h. Je me rendors en pointillé jusqu'à la sonnerie.

Le Film

Notre veau de Fiesta aura finalement tenu le coup : nous avons quand même acheté du liquide de refroidissement pour montrer que nous n'étions pas de mauvais bougres (et ainsi espérer racheter l'éraflure d'Óbidos)... Le périple de 4133km en deux semaines se termine le vendredi matin à l'aéroport de Mérignac où nous devons remettre la voiture à l'agence.