Jour 6, Pindaya

Putain de vérole.
Désolé, il fallait que ça sorte. Je suis tellement en colère contre moi-même que je me foutrais des beignes, vraiment. Je reprends où je m'étais arrêté hier soir : dans le car pour Shwe Nyaung. La géographie est particulière : par la route, on arrive dans la région du lac par la ville de Shwe Nyaung. Il faut alors se rendre au village qui se trouve au bord du lac, à 11 km, et qui s'appelle Nyaung Shwe. C'est juste l'inverse des syllabes de la précédente. Pris comme ça, ça peut passer, mais à force de préparer le voyage et de voir toujours à peu près les mêmes syllabes "Shwe", "Nyaung", "Kyaung" et autres "Paya", ça devient confus.

Nous étions sensés arriver à Shwe Nyaung vers 6h du matin. Il ne fallait pas louper l'arrêt car le car continue sa route plus à l'est. Nous y arrivons en fait à 3h ! Quand je vous dis que c'est le grand n'importe quoi, ces horaires. Même pas capables de les tenir, dans un sens ou dans l'autre !
Bien emmitouflé dans mes couvertures, la température était franchement glaciale, et pas juste à cause de la fatigue, je dormais. Nous en étions à trois ou quatre arrêts. Le premier à un routier ou équivalent. Tous les gens réveillés descendent et le chauffeur ferme le bus. Olivier dormait, il est resté à l'intérieur et ne s'est rendu compte de rien. Les suivants, c'est moi qui n'ai rien vu. Il paraît qu'on s'est arrêté 2 fois pour souci technique apparemment : les gars du car sortaient et tapaient sur les pneus avec un bâton pour... ? On ne sait pas trop. Puis le voyage se poursuit. Donc, je dormais. Olivier me réveille et je relève la tête pour me retrouver nez à nez avec l'hôtesse de route, comme on pourrait l'appeler qui me dit : "Shwe Nyaung ! Shwe Nyaung !" Il faut donc descendre. Je me désincruste de mes couvertures, range en vitesse mon sac pendant qu'Olivier fait de même et nous descendons du car. Là, nos sacs sont déjà sortis des soutes, un chauffeur de taxi est déjà ici et finalement nous nous retrouvons déjà dans sa voiture direction de Nyaung Shwe, en compagnie d'une Américaine qui nous a demandé de partager la course avec elle. Tout va très vite et je commence à peine à me réveiller qu'on s'arrête à un poste intermédiaire pour payer la zone fee, le forfait visite pour toute la zone du lac, comme pour Bagan.
Puis une dizaine de minutes et 5000 kyats en moins plus tard, nous voici largués comme deux mendiants devant la Teakwood Guest House, notre réservation, fermée, endormie avec un panneau écrit sur le portail "COMPLET jusqu'à demain 6.30". Le chauffeur de taxi passe la main par le portail, gifle une cloche, puis s'en va.
Nous restons comme deux ronds de flan. Échoués avec nos quatre sacs dont deux de 15 kg en pleine rue, à 3h du matin dans un village de la campagne birmane. Y'a de quoi ressentir un moment de solitude, lecteur. Une minute s'écoule, une porte s'ouvre et une petite dame en pyjama et la tête coiffée d'une improbable chapka en fourrure se présente au portail en demandant énergiquement : "c'est Olivier Roche?" C'est juste hallucinant. Elle nous ouvre, un peu agacée et nous explique que c'est pas contre nous, que c'est chaque nuit pareil, les gens arrivent à 3h30 parce que les horaires des compagnies de bus sont comme ça et puis c'est tout. Elle nous fait entrer dans l'accueil, qui sert apparemment aussi de chambre à coucher pour la famille, prend nos passeports, remplit les formalités, nous déleste de 120$ pour deux nuits et nous fait mener à notre chambre par un jeune après nous avoir souhaité bonne nuit et qu'on verrait demain pour les autres informations.
Je me réveille, enfin.
La Guest House est vraiment superbe. Comme son nom l'indique, le bâtiment principal est en teck, magnifique. Devant l'accueil se trouve un jardin chaotique et néanmoins joli de plantes et d'arbres locaux, donc exotiques. Nous contournons le bâtiment puis nous engouffrons dans un second en briques apparentes, plus moderne. L'annexe. 3ème étage, sans ascenseur à 3h30 du matin avec ce sac de 15kg sur le dos plus un autre sur le ventre. Ça décrasse. Je suis définitivement réveillé.
La chambre que nous avons, nous a-t-elle dit, est très récente, nous sommes quasiment les premiers à l'utiliser. Elle a beaucoup de Français qui viennent, il faut lui faire de la pub. On est traités aux petits oignons. Elle a aussi le sens du commerce de toute évidence. La chambre est fantastique : des murs toujours en briques apparentes, joints gris, plafond en feuilles de bananiers tressées, petits carreaux colorés aux fenêtres doublées de fenêtres-moustiquaires, plus une moustiquaire au dessus de chaque lit et une salle de bain extra-neuve avec douche à l'italienne et déco design. WOW. Je ne peux m'empêcher de regarder partout tellement c'est différent de tout ce qu'on a eu pour l'instant. Ah oui, et le parquet est ciré ! D'ailleurs, tous les clients laissent leurs chaussures à l'extérieur des chambres, comme à l'entrée des temples. C'est vrai que - J'AI OUBLIÉ LES GUIDES DANS LE CAR !!!!!
Cette pensée explose dans ma tête. J'ai utilisé les guides pour écrire le compte-rendu de hier, pour les infos techniques et autres, et avant de dormir je les ai coincés dans le filet du siège de devant. Dans la précipitation, en descendant, je les ai complètement oubliés !


On devient blême. Comment va-t-on faire? toutes nos visites sont dedans. Le lac, la plage ensuite et enfin Rangoon. On est mal on est mal on est mal... Je m'en veux, j'ai envie de me mettre des coups de poings dans les yeux ! Non mais quel abruti quand même ! Tsss. Olivier a les boules aussi pour son Routard mais il reste zen et me rassure sur mon niveau de débilité. On va gérer. Bref, on essaye de trouver des versions online avec la connection wifi qui marche mais c'est très lent et déprimant. On se couche. Il est 5h30. On décide de se lever à 7h15 tout à l'heure, pour poursuivre notre planning : la visite d'une grotte aux 8000 bouddhas. A 3 h de route d'ici. Zen, restons zen.

 

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7h. J'ouvre un œil. Olivier a du mal aussi, il s'est couché encore plus tard que moi pour essayer de télécharger un guide, en vain. Nous descendons pour le petit déjeuner, varié mais très, très gras, puis nous demandons à notre hôte, la petite dame électrique qui finit toujours ses conversations téléphoniques par un "au'voir, me'ci beaucoup" mécanique, ce que nous pouvons faire pour récupérer nos guides de voyage. Sa mère (certainement), une femme à l'allure stricte et l'anglais sec et haché, version féminine du Parrain pour moi, nous répond qu'elle s'en occupe, qu'elle appellera la compagnie de bus dans la journée. Elle enchaine sans respirer sur notre planning de la journée, de qui/quoi avons-nous besoin? Vélo? Guide? Chauffeur? Pour où? On lui explique notre désir de voir cette grotte de Pindaya et en deux temps trois mouvements, elle nous déleste de 60000 kyats (60 $ en gros) pour réserver un taxi à la journée qui nous amènera là-bas, restera avec nous et nous ramènera évidemment. Le déjeuner n'est pas compris. 3h aller, 3h retour. Il sera là d'ici un quart d'heure, elle en connaît un bien qui s'arrêtera quand on lui demanda pour faire des photos. J'hésite à lui demander s'il fait la mayonnaise et le cas échéant s'il ne pourrait pas aller chercher nos guides, en attendant, mais je me ravise.
Un quart d'heure plus tard, nous sommes fin prêts, à l'accueil, pour notre expédition du jour. Moi, encore la mort dans l'âme et les grasseries du petit-déjeuner sur l'estomac. Olivier, content de partir voir ces grottes dont on parlait depuis si longtemps. Notre chauffeur arrive, charge nos sacs et nous partons.

 

PINDAYA


Nous montons vers le nord par une route biscornue. Nous sommes à seulement 90km de la grotte mais cela va en fait nous prendre 2h, nous explique le chauffeur. Avant, c'était trois heures, mais les routes se sont un peu améliorées donc maintenant c'est plus rapide. En fait, c'est plus rapide sur cette portion, là, tout de suite. Parce que sinon, la route est incroyable. Tantôt bitumée sur des kilomètres, elle s'arrête inexplicablement pour devenir un simple chemin de terre aux ornières dignes d'un Grand Canyon birman qui forcent les voitures et même les motos et les charrettes à faire de grands écarts. Ah oui, nous croisons beaucoup de charrettes, tirées par des buffles. Cette région est paraît-il la plus densément cultivée de tout le pays. En effet, nous ne voyons quasiment que des paysans dans leurs champs en train de labourer soit avec des animaux, soit avec des machines antédiluviennes. Des photos de malades, je vous dis.

 

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Idem sur les routes, on croise de tout : des voitures bien sûr, mais surtout des motos où l'on peut s'entasser jusqu'à quatre, c'est à dire une famille entière : monsieur conduit avec l'aîné(e) devant lui ou en sandwich entre lui et madame, assise en amazone et tenant d'un bras le petit dernier qui ne comprend rien de ce qui lui arrive. Sans casque évidemment. Viennent ensuite les camions et autres camionnettes transportant tout ce qu'il est possible de transporter, et même le reste. C'est comme en Inde ou aux Philippines : on fait rentrer des passagers tant qu'on peut, et les derniers voyagent sur le toit ou accrochés sur les côtés. C'est décidément un autre monde.

 

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Notre chauffeur doit halluciner de nous voir nous agiter comme deux fous sur la banquette arrière, à prendre tout et rien à travers nos fenêtres. Au bout d'un moment il sait ce que l'on recherche. Dès qu'on passe devant une ferme, une maison, en particulier s'il y a du monde dehors, il ralentit. Dès qu'on se retrouve derrière un camion bondé de passagers au vêtements multicolores, il le double doucement. Des enfants sur le bord de la route ? Jackpot ! On s'arrête ! Parce que les bouddhas, c'est bien. Mais point trop n'en faut. Un bouddha reste un bouddha. Qu'il soit au fin fond d'un temple oublié et mangé par la nature ou qu'il mesure 4m de haut et qu'il soit boursouflé d'or, il reste un bouddha, et autant le dire, au bout d'un moment, c'est chiant. C'est beau, certes, mais c'est chiant. Nous, on veut de la vie, des gens, des sourires, des expériences fugaces, inoubliables, indescriptibles avec des locaux, des gens que nous ne reverrons plus jamais de notre vie mais dont on se souviendra jusqu'à notre mort. On veut voir comment ils vivent, comment ils arrivent à sourire avec si peu alors qu'on fait la gueule avec autant.

On se sent un peu pousser des ailes de reporters. Olivier le vit et le gère très bien. Il ose s'approcher, aller chez les gens, sortir son appareil et shooter tout ce qui bouge. Moi, j'ai du mal. Peut-être une pseudo-culpabilité culturelle de l'ancien temps, le temps des colonies où l'homme blanc était forcément supérieur et méprisait les natifs. Je me demande comment les gens que je photographie interprètent ma démarche, comment mon geste est perçu de l'autre côté de l'appareil. J'ai l'impression qu'on les dérange. J'ai l'impression de faire un safari, d'arriver en conquérant et de prendre ce que je veux sans avoir de compte à rendre. Évidemment, lorsque les individus sont seuls et nous voient, on demande l'autorisation. Et dans la quasi-totalité des situations, la réponse est un grand sourire. Ils ont l'air d'aimer ça, qu'on s'intéresse à eux. Eux-mêmes parfois nous demandent de figurer sur leurs photos. Surtout les moines, ce qui est plutôt rigolo (mis à part ce touriste chinois sorti d'on ne sait où avant-hier et qui s'est collé à Olivier pour se faire prendre en photo avec lui, sous mes yeux ! Il est mort. Non, je plaisante. Je l'ai juste violemment giflé. Je plaisante encore. Je n'ai rien fait).

J'ai du mal, mais je me soigne ! Ma tactique ? M'assurer à 100% qu'ils ont compris que je ne suis pas voyeur ou safariste mais juste que j'aime ce que je vois et que cela m'intéresse. Par quel moyen ? Les fermiers ne parlent pas un traître mot d'anglais. Donc je dégaine mon arme secrète : le bonjour en souriant. Puis je montre mon appareil et je prends une photo (je m'applique, ça sera peut-être la seule) et suivant la réaction, je continue. Et surtout, je montre le résultat. Les gamins adorent, et les grands aussi. Cela me servira dans l'après-midi, mais nous n'en sommes pas encore là.

Nous arrivons à Pindaya. La grotte se trouve en fait dans le versant d'une colline. On voit de très loin les escaliers couverts de tôles qui serpentent le long du versant. Une fois arrivés, notre chauffeur nous dit qu'il nous attendra sur le parking. Très bien.
Nous commençons par l'entrée, assez particulière : une araignée de 2m de haut digne d'une Seigneur des Anneaux birman est en position d'attaque, tenue en joug par un archer tout aussi grand à quelques pas de là. C'est le symbole de la ville. La légende veut qu'un nat, esprit malfaisant, incarné en araignée monstrueuse retenait une princesse dans sa grotte et que les cris de la pauvre victime furent entendus par un prince qui passait par là et qui tua l'araignée d'une flèche pour sauver la princesse. Ils se marièrent bla, bla, bla. Nous faisons quelques photos idiotes mais incontournables avec cette araignée sortie tout droit d'un Walt Disney puis nous montons les escaliers, plutôt raides.

 

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A l'intérieur, c'est le choc. Une première salle naturelle est littéralement éclairée par une centaine de bouddhas dorés de toutes tailles et disposés à tous les niveaux, jusqu'au sommet de la grotte. Un stupa recouvert de petites feuilles d'or trône à l'entrée et des pèlerins y prient. L'arrière n'est qu'on enchevêtrement incroyable de passages aussi étroits les uns que les autres menant des diverses cavités offrant aux visiteurs le spectacle d'encore plus de statues, encore plus brillantes, encore plus hautes. Beaucoup d'entre elles portent une plaque nommant le donateur et la date du don, dans la langue de la personne. J'en ai vu deux françaises.

On ne peut que rester bouche bée devant une telle vue. Et bizarrement, les bouddhas sont pénibles un par un, mais 8000 par 8000, ça change tout! On se croirait vraiment dans la caverne d'Ali Baba. Où que l'on tourne la tête, les bouddhas sont là qui vous regardent. Des petits, des grands, des géants, des habillés, des tout blancs, des tout noirs et même un trou dans la paroi, une niche de méditation, dans la cavité la plus reculée, dans laquelle on se faufile sur moins d'un mètre pour accéder à une nouvelle petite cavité ou l'on ne peut même pas se tenir debout, avec encore des bouddhas éclairés. C'est là que nous avons sympathisé le temps d'une photo avec un groupe de moines. Échange de photos, viens sur la mienne, j'irai sur la tienne, refaufilage à l'extérieur, jay zu be, tata. Inutile de te dire, lecteur, le nombre de photos prises.

 

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Vers 13h notre chauffeur nous récupère et nous amène dans un restaurant. Je sens le coup fourré à plein nez. Pas loupé. On est invité comme du bétail à l'abattoir, avec de grands sourires qui chantent "Alouette, gentille alouette...". Le repas est très copieux, très insipide et très, très cher comparé au repas de 1200 kyats (environ 1€ - à deux) pris sur le pouce à la gare routière la veille au soir : aujourd'hui, on nous le facture  17000 kyats ! De retour dans la voiture le chauffeur, confiant, nous demande si c'était bon (sa commission devait l'être). "Non, lui dis-je. Très mauvais et très cher. C'était un restaurant pour touristes, non ? Plus jamais."
Nous repartons. Le chemin du retour est différent, quoiqu'aussi biscornu. Nouvelle série de photos de vie, des sourires à la pelle. On finit par saluer tous les gens qu'on passe dans les petits villages, et tous sans exception nous retournent un large sourire et un geste de la main.

 

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Enhardi, c'est mon heure. On arrive à côté d'un petit cours d'eau où une famille fait la toilette et la lessive. Olive est parti de l'autre côté de la route pour aller voir des tracteurs, au loin. Il va me piquer mes gens s'il les voit. Je n'ai pas d'autres choix que d'aller au charbon et aller les voir. Dans ce cas, toujours viser les enfants en premier. Si on est gentil avec les enfants, les adultes le seront avec nous. Une petite fille d'une dizaine d'années s'approche de moi dès qu'elle me voit. Sourires, bonjour de la main, puis je tente un "Mingalaba " auquel elle répond. Premier contact. Je me rapproche. Le père se fend d'un grand sourire. Ça, c'est le feu vert. Je photographie la séance lavage du linge, ça fait beaucoup rire la mère. Ça me gêne un peu mais bon, je prend sur moi. Puis je joue de mon appareil avec la gamine qui se cache derrière une serviette et quand j'arrive à l'avoir, je lui montre la photo, elle en redemande ! Petite victoire mais le grand combat approche.

 

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Nous repartons quelques instants plus tard sans qu'Olivier n'ait touché à mes gens. Il m'a laissé ma victoire et je l'en remercie publiquement ! Plus loin, dans un grand champs, un groupe d'une dizaine de travailleurs jettent haut du riz pour séparer le grain de l'ivraie, si c'est ce qu'on dit pour le riz aussi. Des photos de pro à faire, là, devant nous ! On saute sur l'occasion. On fait arrêter le taxi, qui a ce moment-là doit être totalement blasé, et marchons sur le bord de la route, pour nous rapprocher le plus possible des fermiers.

Une fois à leur hauteur, ils sont tout de même à une quarantaine de mètres. Premières photos, trop éloignées. Les gens me regardent, intrigués, et sourient quand je leur fais bonjour de la main. Puis ils me répondent. De suite, un groupe de gamins entre 5 et 10 ans s'approchent. "Mingalaba ! " Ils se regardent et rigolent. Non ils ne se moquent pas. Ils sont surpris, continue ! Je m'encourage. Je ne les dérange pas, ils discutent entre eux et me sourient. J'y vais franchement. Je traverse le champs à leur rencontre et je leur montre mon appareil et eux. Des gestes de la tête, des sourires. Pas un mot d'anglais. Puis ils se remettent au travail et je prends mes photos. C'est excitant. Des images qui ont des allures de tableaux. Mes meilleures, à mon avis. C'est tout simplement beau. Les enfants jouent avec moi, surtout une fillette qui doit avoir 6 ou 7 ans, espiègle comme pas deux. Je la photographie, je leur montre sa photo, ils se pressent devant l'appareil et éclatent de rire en se parlant. Puis ils font tous les pitres et je les mitraille. Entre temps, Olive m'a rejoint et shoote avec moi. Les adultes sourient, l'ivraie s'envole et disparaît dans le ciel bleu avec ma gène. Je n'ai sérieusement jamais de toute ma vie ressenti une telle émotion. C'est fort. Et en regardant le large sourire scotché sur le visage d'Olivier, je sais que c'est partagé. 

 

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Comme si cet épisode nous avait vidé de tout, nous finissons la dernière heure de route dans les bras de Morphée. Le taxi nous dépose à la guest house et nous montons nous poser. Bonne nouvelle à priori : la compagnie de transport doit nous renvoyer dès aujourd'hui les guides. On risque de les avoir demain. Vaudrait mieux en même temps, puisqu'on s'en va après-demain au matin. Ouf, je respire. Croisons les doigts.
Plus tard, nous redescendons faire un tour des magasins alentours et je trouve à compléter mes petits cadeaux de voyage. La soirée se termine par un repas à l'extérieur, dans une gargote infâme. Sur chaque table, Les verres trempent dans une bassine à l'eau douteuse. Le gamin les sort, les égoutte et les remplit d'un liquide rose et chaud d'une Thermos sale. Même pas en rêve j'en bois de ta pisse de rat ! Les brochettes avaient l'air sympa mais ils nous ont vu arriver. Les prix sont triplés, au bas mot. Pffff on s'en fout, même cher pour vous, ça reste bon marché pour nous. Ah ouais, j'en deviendrais méchant, vraiment.
Dernier coup d'éclat de mon Olive national : on décide de se réconforter en allant dans une sorte de pub branchouille, la French Touch. Déco léchée, tout orange et blanc, superbes photos d'Aung San Suu Kyi au mur entre autres. On prend lui un lassi, moi un cocktail. Sur la table, rien sauf une clochette. Que faire...? La faire sonner, pardi ! À peine il la secoue qu'une serveuse accoure. Tout penaud : "Ah non, non, it's nothing ! Sorry !" No comment.
Demain, le grand jour : le lac Inle en pirogue. Les marchés flottants, les femmes girafes. Que du lourd.
23h40, je rends l'antenne, à vous Cognac Jay, à vous les studios.

 

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