- Week-end en Médoc -

Octobre 2013. Alors là, je n'aurais jamais cru me faire inviter à écouter le brâme du cerf en pleine forêt à la nuit tombée ! Pour moi, ce n'était q'une sortie exotique pour les Canadiens et leurs caribous, ou à la rigueur un documentaire au journal de Pernault (que je ne regarde pas, non). Mais si, un pote nous a bien invités à venir écouter la bête en rut à la recherche d'une partenaire. Plutôt un cri de guerre, assez surprenant.

Et nous voilà partis, Pentax & Nikon, suivant la Twingo de Thierry sur des chemins forestiers en ce début de soirée frisquet. Le repas est prévu, dans le coffre, avec les bottes et les KWays. Le ciel est couvert, la nature humide. Nous nous garons sur un premier spot, déjà fort reculé. Là notre hôte nous explique en gros la marche à suivre : nous allons visiter plusieurs lieux de passage. Ils vont brâmer, j'te le dis, moi!

Règle n°1 : ne  se faire repérer par l'animal. En rut, ils doivent perdre la moitié de leurs quelques neurones et ne sont pas très fins. C'est leur territoire de "chasse". Et même après un bon repas, on ne fera pas le poids.

Règle n°2 : ne plus bouger si l'on en entend un. Le moindre craquement de brindille lui indiquera qu'il y a quelqu'un d'autre et là, 2 solutions : soit il déguerpit, et c'est mort, soit c'est la règle n°1 qui s'applique.

Règle n°3 : si on se retrouve "face à face" avec un cerf, nous dit-il, c'est Sauve qui peut!!! Je n'en crois pas mes oreilles. Il faut se trouver un fossé pour s'y jeter, le cerf nous sautera par-dessus et s'en ira. Mouais... On va s'appliquer à respecter les règles 1 et 2.

Nous sommes pris d'une crise de fou rire. Tout ceci sent la tension nerveuse...

La nuit vient de tomber. Un bruissement. Je suis aux aguets (tu parles!). Tous les trois, nous nous figeons instantanément. Y'en a un. Un brâme. WOW. Puissant, glaçant. MAIS IL EST PRES, LA, NON ? Olivier nous fait signe de ne pas parler; La bête est à une vingtaine de mètres peut-être, mais on ne voit rien, les fougères et arbustes sont trop hauts. Je remarque un fossé non loin. C'est là que je vais atterrir dans pas longtemps, je le sens. Thierry se déplace lentement, à pas de loup pour essayer de voir l'animal. Mais rien. Ces minutes ont duré une éternité, c'était excitant, marrant, intriguant. Impossible de prendre une photo, trop sombre, et rien à voir.

Puis le cerf repart, nous entendons des craquements, de plus en plus lointains. C'est la pause casse-croûte, après toutes ces émotions. Un bon poulet froid - chips - champagne, pour fêter ça ! Bien qu'Olivier, lui, se soit éclipsé un moment après dans un grand champs clôturé pour faire des photos (de quoi??) malgré les avertissements énervés de Thierry, nous n'en avons pas entendu d'autres aussi clairement ni aussi près. Olivier a bien tenté d'en appeler un ou deux. Ils lui ont répondu une fois, certainement pour lui demander d'où il venait, avec cet accent à couper au couteau...

 

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Le lendemain, journée bien plus calme : visite des grands châteaux du Médoc aux alentours de Pauillac. Journée de mitraille intense. Un weekend inoubliable, merci Thierry ! Rendez-vous est déjà pris pour l'automne prochain. Avec des clichés peut-être..?

 

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  • L’Armée des Châtaignes
  • Château Cos d’Estournel
  • Campagne médocaine
  • Les bords de la Garonne
  • Château de Loudennes
  • Arc-en-ciel nucléaire